Table ronde : Droit à la santé au Maroc : Quel accès des personnes usagères de drogues à la santé communautaire ?

Santé

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités de plaidoyer de la plateforme Kalimat, l’AHSUD en collaboration avec son partenaire association Casal Dels Infants dans le cadre du projet kalimat, a organisé vendredi 20 juillet 2018 une table ronde à la Maison Communautaire des Femmes –Association Darna-Tanger, une table ronde sous le thème « Droit à la santé au Maroc : Quel accès des personnes usagères de drogues à la santé communautaire ? »
La table ronde organisée afin de discuter l’accès des personnes usagères de drogues a la santé communautaire sur tout que Le projet Kalimat est particulièrement sensible à la question de l’accès des populations vulnérables à la santé communautaire notamment les personnes usagères de drogues.
En effet, les personnes usagères de drogues sont particulièrement sujettes à la transmission de maladies infectieuses, comme le VIH et les hépatites B et C. Les enquêtes dirigées par le ministère de la Santé entre 2010 et 2017 ont révélé une prévalence élevée de l’infection à l’hépatite C chez les usager-e-s de drogues. De nombreux utilisateurs de drogues sont aussi touchés par la tuberculose et par d’autres maladies d’origine bactérienne à cause de l’absence d’hygiène et des conditions de vie insalubres résultant de l’extrême pauvreté.

D’autre part, les usager-e-s de drogues sont souvent confrontées à des troubles psychologiques et psychiatriques. D’où la nécessité d’une approche d’intervention de prise en charge psychologique intégrée adressée aux usagers de drogues afin de les accompagner dans leur processus de réhabilitation.

D’avantage de moyens sont nécessaires pour exercer ses droits

Ainsi, pour résoudre les problèmes liés essentiellement à l’absence de structures de prise en charge des personnes usagères de drogues, le Ministère de la Santé a mis en place le programme RDR destiné à l’usage de drogues injectables consistant en la création et en l’habilitation des centres d’addictologie ainsi que le traitement de substitution à la méthadone. Selon les chiffres de l’AHSUD, la ville de Tanger, à elle seule, comporte plus de 3000 personnes héroïnomanes dont 800 personnes seulement accèdent au traitement de substitution aux opiacées. Pourtant le traitement est bien disponible en quantités suffisantes.

Il est donc à constater que les personnes usagères de drogues souffrent de plusieurs discriminations en termes d’accès à la santé communautaire, ce qui nécessite une maitrise du contexte juridique et institutionnel déterminant cette situation, et un croisement des efforts de tous les acteurs concernés pour y remédier.
C’est dans cette même perspective que le réseau Kalimat envisage à travers la première action de la plateforme Kalimat de communication et de plaidoyer, susciter un débat autour de l’accès au droit à la santé de façon générale et à l’accès des personnes usagères de drogues à la santé en particulier.